LA PROVINCE OBLATE DU CAMEROUN: SON ÉVOLUTION, SON ENRACINEMENT, SON INTERNATIONALITÉ

Les missionnaires Oblats de Marie sont présents et travaillent au Cameroun-Tchad depuis soixante ans. En 1946, ils sont 16, avec le P. Yves Plumey leur supérieur (14 Pères et 2 frères) ; tous français.
La graine de l’Evangile a été semée dans cette région : l’Eglise a grandi, elle est devenue un grand arbre. De même, au fil des années, la Province Oblate a changé, grandi, a pris un autre visage : des jeunes de cette région d’Afrique Centrale ont été attirés par le charisme oblat : « Il m’a envoyé évangéliser les pauvres » et sont devenus oblats. La Provence Oblate est devenue elle aussi un grand arbre, avec plusieurs branches de différentes nationalités. Aujourd’hui, mis à part les jeunes en formation première (scolastiques et jeunes frères), nous sommes 92 de 10 nationalités différentes (France, Pologne, Italie, Belgique, Canada, Cameroun, Tchad, Nigeria, Congo Démocratique et Congo Brazzaville). 62 jeunes sont en formation première (scolastiques et jeunes frères). Donc, nous sommes 154. Et quelques jeunes centrafricains frappent à notre porte actuellement. Comment ne pas nous réjouir et rendre grâce ?

A l’aide de chiffres et de statistiques, voyons comment la Province Oblate a progressé, grandi et s’est internationalisée, tout en rajeunissant.

1950-1970 :

-En 1957 : sur le tronc de l’arbre de la Province, une petite pousse camerounaise que deviendra plus tard une branche : premier prêtre oblat camerounais.

- En 1964 : 2 évêques oblats, 91 pères (1 camerounais) et 21 frères (5 canadiens, 6 camerounais). Quelques frères camerounais font leurs vœux temporaires…un seul fait son oblation perpétuelle : en 1967, premier frère oblat camerounais à vœux perpétuels NB en 1968, l’immense diocèse de Garoua est découpé : deux préfectures apostoliques sont nées :Maroua-Mokolo et Yagoua.

1970-1990 :

Mgr Yves Plumey prend conscience de l’importance et de l’immensité du travail missionnaire à accomplir. Il fait appel à de nouveaux ouvriers apostoliques : des pères oblats polonais : 4 arrivent au Cameroun en 1970 : c’est le début de la Délégation de Figuil, dépendant de la Province de pologne.

En 1973, ils sont 10 oblats polonais. Le personnel oblat augmente et s’internationalise encore : des pères canadiens, puis des pères italiens arrivent ; en 1981, les pères polonais sont au nombre de 20.

Mais le fait le plus marquant, c’est l’ouverture de la Province vers le Nigeria. Un grand séminariste nigérian demande à entrer chez les Oblats : il est ordonné prêtre en 1987. Il est le premier père oblat nigérian. Les années suivantes, trois autres nigérians sont en formation première chez les Oblats, et il y a une trentaine de demandes de la part des jeunes.

Devant une telle ruée venant du Nigeria, le Provincial en conseil décide d’implanter la congrégation au Nigeria. En 1988, le Conseil Général approuve la fondation au Nigeria, au diocèse d’Orlu.

Le but de cette fondation est d’accueillir les jeunes sur place, de les accompagner, de connaître leurs familles, et aussi d’offrir à l’Eglise locale du Nigeria le service missionnaire des Oblats selon leur charisme propre. En 1989, le Mission du Nigeria est née : la 1ère équipe est internationale : Un père de Lesotho, deux pères du Congo démocratique, un frère Sri lankais ; s’y ajoute n jeune père nigérian. Sur le tronc de l’arbre de la Province, naît et grandit une branche nigériane.

Durant ces 20 années, sept jeunes pères oblats sont ordonnés : quatre camerounais, deux nigérians, un tchadien.

En 1987 : 1 archevêque, 3 évêques, 107 oblats pères et frères (dont 3 camerounais, 2 canadiens, 2 belges, 1 nigérian, 1 sud-africain, 1 allemand).

En 1987, les oblats polonais sont 26 dans la Délégation de Figuil.

En juillet 1987, le pré noviciat « Robert Naoussi » est ouvert à Maroua.

1988 est l’année de l’ouverture de noviciat de Golompwi.

1990-2000 :

- A la sortie du noviciat, les frères scolastiques suivent leurs études soit à Kinshasa, soit à Roma (Lesotho) ; en 1989, un scolastique est à Otélé (Cameroun) ; en 1990-1991, les quatre scolastiques sont à Nkolbisson (Yaoundé) : ils suivent les cours à l’Institut de Philosophie Joseph Mukasa et habitent chez les Pères Pallotins. La Maison « Yves Plumey » est ouverte à Nkolbisson en 1992.

- Pour accueillir les jeunes en formation, la Province commence la construction de maisons de formation : d’abord le noviciat Joseph Gérard à Ngaoundéré (1992), puis le philosophât à Yaoundé : le 2ème bâtiment sera terminé en 2001.

Le Théologat OMI de Maroua ouvre ses portes en novembre 1997 : les scolastiques occupent les locaux du pré noviciat et suivent les cours au Grand Séminaire  de Maroua ; les bâtiments du théologat seront construits entre 1999 et 2002. (Les prénovices sont à Ngaoundéré dans les locaux de l’Ecole de Catéchistes de 1997 à 2001).

- En 1991, un père oblat polonais devient évêque du nouveau diocèse de Yokadouma, dans l’Est du Cameroun : en 1992, dans ce diocèse, ils sont 7 oblats polonais, dont l’évêque et deux frères.

- En 1993, les Oblats sont présents au diocèse de Jos au Nigeria ; en 1995, il y est ouvert un centre de jeunes pour les aspirants oblats nigérians.

- Le fait marquant de cette décade c’est en 1997, la naissance de la province du Cameroun, dont le Supérieur Provincial est un Camerounais. Cette nouvelle Province est formée de l’ancienne Province Cameroun-Tchad et de l’ancienne Délégation polonaise OMI de Figuil. Des communautés internationales sont souhaitées, et commencent à se mettre en place.

- Durant ces dix années, un frère camerounais fait ses vœux perpétuels (1997) ; sept jeunes oblats sont ordonnés prêtres : 4 nigérians, 2 tchadiens et 1 camerounais.

- Quelques pères Oblats du Congo démocratique viennent travailler dans la province du Cameroun.

Ainsi s’ajoutent sur le tronc de la Province la branche tchadienne et la branche congolaise.

2000-2006 :

- Achèvement de la construction du théologat de Maroua et construction du prénoviciat appelé « Résidence Yves Tabart » à Mokolo : il est inauguré et béni le 8 décembre 2004.

- En 2002, les oblats de la Province s’implantent à N’Djamena, capitale du Tchad, à la demande de l’archevêque. (Ainsi, les Oblats sont présents dans dix diocèses de la région : 2 diocèses au Tchad, 2 diocèses au Nigeria et 6 diocèses au Cameroun).

- Durant ces cinq années : quatorze jeunes oblats ont été ordonnés prêtres : 6 camerounais, 6 nigérians et 2 tchadiens. Quatre jeunes frères ont fait leur Oblation perpétuelle : 2 originaires du Congo Brazza et 2 Camerounais.

- Il est très intéressant de comparer, de mettre en parallèle les statistiques de 1998 et cesses de 2006 (mis à part les jeunes en formation première, scolastiques et frères).

1998
59 oblats français (dont un évêque et 6 frères)
33 oblats polonais (dont un évêque et 3 frères)
07 oblats camerounais (dont deux frères)
05 oblats nigérians
04 oblats congolais (R. Démocratique)
02 oblats tchadiens
02 oblats italiens
05 divers (1 canadien-évêque ; 1 allemand, 1 belge, 1 frère sri lankais, 1 père indien)
total :116

2006
26 oblats français (3 frères)
24 oblats polonais (dont 1 évêque et 1 frères)
14 oblats camerounais (dont 1 évêque et 3 frères)
12 oblats nigérians
07 oblats congolais (R. Démocratique)
04 oblats tchadiens
02 oblats originaires du Congo-Brazza
03 divers (1 canadien-évêque ; 1 italien, 1frère belge)
total :92

 Ne sont comptés ici que les oblats qui sont sur le terrain et ceux qui sont en repos ou en année sabbatique (qui vont revenir).

Il serait intéressant aussi de faire la pyramide des âges : disons simplement que les 26 oblats français ont entre 57 et 91 (en 2006), et les 24 oblats polonais entre 33 et 67 ans (en 2006).

A la suite du Projet « Immense Espérance », nous disons dans le document stratégie : « De nombreuses vocations de prêtres diocésains, de religieux et religieuses s’éveillent. Des paroisses autrefois desservies par les Oblats sont aujourd’hui prises en charge par le clergé diocésain : c’est le processus normal de l’implantation de l’Eglise. » Cette nouvelle situation permet aux Oblats de se regrouper davantage en communauté et d’être moins isolés : nous voulons vivre mieux la vie communautaire.

Etant donné le grand nombre de jeunes en formation première (62 en 2006), nous comprenons la raison de la première priorité de la Province, définie au terme de la réflexion de tous les Oblats dans le projet « Immense Espérance », à savoir : « La première priorité de la Province est la formation ».

« Le temps est arrivé de trouver notre place propre, spécifique dans ces Eglises locales. Il nous faut oser, inventer, innover notre présence et nos activités missionnaires selon notre charisme, et oser la mission ad extra » (document de stratégie) d’où la deuxième priorité : les ministères plus spécifiques aux Oblats (document de stratégie).

Le personnel des Oblats en activité dans le Province va encore diminuer en nombre, mais la Province rajeunit. C’est là notre espérance ! De jeunes Oblats bien formés, c’est l’Espérance de la Congrégation et de l’Eglise.

 


Mieux connaitre les Oblats de Marie Immaculée:

http://www.omiworld.org/WhoareWe/whoarewe1.asp?L=2